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Axe 4 - Politiques et pratiques de l’enseignement supérieur : transitions, temps, environnements

Politiques et pratiques de l’enseignement supérieur :

transitions, temps, environnements

 

Responsables : Jean-Yves Seguy et Alain Fernex

 

Le laboratoire ECP dispose d’un groupe de recherche dont les travaux ont pour objet les politiques et pratiques de l’enseignement supérieur. Le bilan du travail effectué au cours des années écoulées montre tout l’intérêt qu’il peut y avoir à prolonger ces orientations de recherche et à les amplifier. Ces travaux ont, outre l’habituel projet de production de connaissances nouvelles, une visée résolument pratique, dans un contexte de profondes transformations de l’enseignement supérieur. Deux ensembles structurent les recherches conduites au sein de l’axe : l’un a pour objets les processus de transition (en amont et en aval de l’enseignement supérieur), et l’autre les phénomènes d’allocation de temps par les étudiants. Ces deux orientations sont différentes du point de vue des objets traités et des méthodes. 

 
I)   Le premier axe est centré sur le concept de transition.
Les recherches empruntent deux directions
 
1.   Transition enseignement secondaire/enseignement supérieur
Des travaux, de portée historique, ont pour objet de travailler sur l’histoire des transitions entre le secondaire et le supérieur. Il s’agit d’analyser l’histoire des dispositifs visant à matérialiser ou à préparer cette transition, au sein de l’enseignement supérieur (certificats d'études supérieures préparatoires, propédeutique, DUEL, DUES…), ou en amont dans le cadre de l’enseignement secondaire (TPE au lycée par exemple). Ce projet se traduit par l’organisation d’un colloque de l’ATHRE (Association transdisciplinaire pour les Recherches Historiques sur l'Education) à Lyon en 2022.
 
D’autres travaux portent sur les phénomènes actuels des transitions entre enseignement secondaire et enseignement supérieur en étudiant les comportements et les choix des élèves et des familles, confrontés à des décisions d’orientation (choix des matières, des filières) dès le lycée ; ces travaux ayant toute leur importance dans un contexte de réforme importante de la dynamique du continuum « Bac -3/Bac +3 ». Ces travaux s’inscrivent dans le prolongement de recherches menées par l’équipe sur les effets sur la réussite des étudiants, du sentiment de légitimité, des usages des environnements instrumentés ou de certains dispositifs pédagogiques. Ils concernent l’université, mais aussi sur d’autres établissements d’enseignement supérieur avec lesquels l’équipe a déjà instauré des relations de partenariat. Une recherche conduite dans le cadre de l’AMI Parcoursup est en cours de réalisation et porte sur les publics « oui, si » des universités.
 
2.   Transition enseignement supérieur/monde du travail
Des travaux sont conduits qui portent sur l’analyse des transitions entre formation et marché du travail. Il en est ainsi des travaux ayant pour objet l’étude des processus de réécriture des référentiels de formation en termes de compétences comme de ceux qui portent sur les trajectoires académiques et professionnelles des titulaires de DUT. Pour l’ensemble des questions liées à l’étude des transitions, une attention particulière est portée aux processus de circulation des savoirs.
 
 
II) Le second axe rassemble des recherches qui se donnent pour objet l’analyse des pratiques de travail des étudiants et plus généralement des conditions d’apprentissage ; pratiques et conditions qui sont de nature à mieux comprendre les phénomènes d’échec et de réussite dans l’enseignement supérieur. L’accent est mis sur les phénomènes d’allocation du temps par les étudiants (1) ; l’analyse des activités d’apprentissage (2). 
 
1. Des travaux se sont centrés sur l’étude des temps consacrés, par les étudiants, aux différentes activités, en recherchant les facteurs susceptibles d’expliquer les phénomènes d’allocation du temps. Ces recherches ont fait apparaître deux phénomènes centraux. D’une part les différences des pratiques de travail des étudiants entre les filières de formation, ce qui renvoie à des analyses portant sur l’organisation des filières, les méthodes de transmission de connaissances, les exigences exprimées, les caractéristiques personnelles et académiques des étudiants. D’autre part, l’observation qu’au sein d’une même filière, les pratiques de travail et les rythmes diffèrent considérablement. Cela renvoie à l’analyse des pratiques individuelles d’organisation temporelle et aux facteurs susceptibles de les orienter. Les analyses économiques et sociologiques accordent un poids important aux caractéristiques économiques et sociales des individus ainsi qu’aux anticipations réalisées par ces derniers. Les recherches montrent que d’autres facteurs explicatifs doivent être mobilisés, en particulier ceux liés à l’expérience académique antérieure, aux méthodes et capacités de travail acquises, aux motivations. Ces travaux permettent d’envisager l’impact des technologies numériques sur l’ensemble des activités.
 
2. Les approches précédentes doivent se compléter par des analyses portant sur les activités d’apprentissage des étudiants. Ces recherches prennent appui sur les apports des didactiques disciplinaires et de ceux de la didactique professionnelle. Le cadre théorique développé et les travaux menés au sein de l’axe sur l’apprentissage autorégulé, qu’il s’agisse de formations en présentiel ou à distance, sont mobilisés dans cette perspective.  Il s’agit de considérer l’activité des étudiants dans une double dimension: activité productive et activité d’apprentissage. La question de l’appropriation des prescriptions est également prometteuse : le travail étudiant est peu prescrit d’un point de vue formel, mais revêt tout de même un ensemble d’exigences multiples, qui peuvent être distinctes selon les disciplines. Comment les étudiants organisent cette activité discrétionnaire qu’est leur travail académique : quels buts se donnent-ils, quels moyens d’action et de contrôle mettent-ils en œuvre – avec d’éventuelles médiations d’objets techniques. De fait, des travaux empiriques portent sur les conditions favorables à la réalisation d’une activité d’apprentissage instrumentée, comprenant la réussite des apprentissages au sein d’environnements – aujourd’hui numériques. Les objets d’étude sont, à partir de l’approche écologique de l’affordance socioculturelle, les conditions favorables à la perception de potentialités des artefacts numériques mis à disposition par une institution en vue de réaliser une activité d’apprentissage, sachant d’une part que ces artefacts s’inscrivent dans un cadre sociopolitique ; et d’autre part, qu’ils impliquent des processus de coordination et communication essentiels à compréhension des phénomènes de mise en œuvre d’une injonction institutionnelle promouvant des environnements instrumentés. La finalité de ce type d’étude vise à favoriser l’intégration du numérique dans les environnements d’apprentissage et de les rendre efficients.