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Axe 2 - Monde commun, diversité et inégalités : discours, politiques et pratiques

Monde commun, diversité et inégalités : discours, politiques et pratiques

 

Responsables : Marion Fabre et Anne-Claire Husser 

 

 
L’axe 2 se propose d’appréhender les enjeux des politiques publiques de la diversité dans le champ de l’éducation et de la formation. A rebours d’un certain imaginaire républicain visant à neutraliser les différences, le thème de l’égalité des chances n’a cessé de se reconfigurer dans le débat public comme sur le plan institutionnel depuis le dernier quart du XXe siècle. Outre la problématique des inégalités sociales, il intègre désormais la question des minorités ethniques, religieuses, sexuelles, celle des rapports de genre et des personnes en situation de handicap. D’abord déployées dans l’entreprise (par exemple, la Charte et le label de la diversité de 2008), ces politiques de la diversité se sont traduites dans le monde de l’éducation et de la formation au travers des curricula (enseignement moral civique, sciences et vie de la terre, histoire, enseignement des faits religieux…) comme dans les référentiels de compétences des professionnels de la formation. Ce souci de la diversité ne se limite pas à la lutte contre les discriminations mais s’articule dans le même temps à la recherche de modalités diverses du « faire communauté » dans un monde dont la dimension plurielle fait désormais l’objet d’une reconnaissance largement consensuelle.
 
Si les travaux menés dans le cadre de l’axe 2 portent sur les discours et les pratiques éducatives et formatives, il est clair que la dialectique du commun et de la diversité engage des tensions normatives qui excèdent le seul monde scolaire et touchent les différentes sphères de la vie sociale ainsi que les trajectoires des individus et des groupes qui s’y jouent.
La diversité à laquelle fait référence l’intitulé de l’axe 2 se laisse difficilement ramener à un pluralisme axiologiquement neutre mais demande à être comprise dans le cadre de rapports de forces au sens mécanique du terme, c’est à dire en référence à des hiérarchies de normes et d’intérêts, certes mouvantes mais néanmoins effectives en ce qu’elles pèsent plus ou moins et font exister des majorités et des minorités (susceptibles de faire l’objet de discriminations et, le cas échéant, de politiques de protections spécifiques) : personnes en situation de handicap, obèses, homosexuels, élèves allophones, membres de communautés religieuses exogènes, familles issues de l’immigration, femmes (on se donne ici une définition non exclusivement quantitative de la « minorité » comprise dans l’optique de rapports de domination structurels).
 
Il s’agit d’appréhender les politiques scolaires et les finalités immanentes aux pratiques éducatives dans leur dimension idéologique, théorique comme imaginaire, dans une perspective généalogique et contextuelle avec une attention particulière portée aux phénomènes de circulation et de retraduction des catégories et des normes mobilisées dans l’activité. Cet examen fait fond sur des travaux relevant de l’histoire et de la philosophie politique de l’éducation, et sur l’analyse du rôle des médias, avec pour ambition de mettre en perspective les lignes de force du débat public relativement aux questions d’éducation à propos de questions vives.                
Les recherches dans le champ du handicap contribuent à la compréhension d'une société en évolution ainsi que les politiques institutionnelles pour la considération, mais aussi la formation et l’accompagnement des publics en situation de handicap. Elles accordent une place particulièrement importante à la prise en compte des acteurs, de leurs besoins, pratiques, trajectoires et vécus individuels. Les recherches sur les problématiques liées à l’accessibilité et à l’adaptation pédagogique, mais aussi à celle du bien-être et de la qualité de vie, de la citoyenneté ou encore des avancées techniques et technologiques dédiées au handicap, mettent au jour des politiques et des pratiques significatives du passage à une approche désormais qualitative de la question du handicap : acteurs et institutions visent à favoriser le « mieux vivre ensemble » et l'épanouissement des individus. Par-là se trouvent articulées l’étude des mécanismes de création du commun dans ses aspects institutionnels, curriculaires et territoriaux, l’exploration des pratiques et stratégies pour l’enseignement, la formation et l’apprentissage, et l’analyse des dynamiques institutionnelles et politiques au cœur de l’activité des experts et acteurs d’une société inclusive encore en construction.
 
Forts de la coexistence d’approches disciplinaires et méthodologiques variées, les objets de recherches de l’axe 2 entendent contribuer de manière conjointe à l’explication et la compréhension des processus d’altérisation ou de communalisation en jeu dans les discours et les situations de formation en contextes variés. Il s’agit d’en interroger les dimensions territoriales, institutionnelles, organisationnelles et culturelles afin de rendre compte des dynamiques sociales de fabrication du commun, d’apprécier les stratégies d’enseignement et d’apprentissage avec comme horizon la production de ressources.