Le projet

Le skyline : un concept opérationnel pour la gouvernance de la silhouette urbaine face aux retour des tours à Paris, Lyon et Londres

Le retour des tours ravive le débat sur la gestion des skylines

SKYLINE est un projet de recherche exploratoire, collaboratif et comparatiste sur les enjeux politiques, économiques et sociaux d’une dimension de plus en plus contestée du paysage urbain : le skyline. Le projet est justifié par l’absence de conceptualisation du skyline, alors même qu’émergent et se multiplient des conflits dans les villes européennes autour de l’impact paysager des tours et que des études conduites par des collectivités commencent à envisager de lever les plafonds de hauteur. Dans le contexte de développement durable, notre mission est de construire les principes de gouvernance de cette dimension du paysage urbain de plus en plus contestée.

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Les skylines : des paysages urbains contestés

vignette-skyline3En partant de l’hypothèse selon laquelle le skyline est une dimension du paysage urbain, il est simultanément la mise en scène globale de sociétés passées et presentes, un patrimoine et de plus en plus une ressource économique. En effet, il peut être vecteur de cohésion sociale ou à l’inverse de conflits, porteur de mémoire(s) et créateur ou destructeur de valeur économique. Ces différents enjeux expliquent la multiplication des contestations autour de la transformation d’un ensemble de vues urbaines dans les villes européennes depuis 2000. De nombreux acteurs sont concernés à différentes échelles : acteurs du marché immobilier, architectes, urbanistes, paysagistes, associations et parfois l’UNESCO. Se pose alors la question de l’élaboration d’un projet de skyline qui permettrait de concilier la viabilité économique du paysage, la pluralité des identités urbaines et la promotion d’un “vivre ensemble”, dans un contexte instable de métropolisation et d’un urbanisme multiéchelle, négocié et participatif. Dans le contexte de la ville durable, SKYLINE entend poser les principes d’une régulation de la silhouette urbaine en clarifiant les stratégies des acteurs évoqués ci-avant pour formuler les principes d’une gouvernance du skyline.

Les principes de la recherche

vignette-skyline1Dans le contexte d’une médiatisation de la demande sociale de paysage par le politique et le règlementaire, une conflictualité croissante entre les acteurs émerge sur la question des tours dans le paysage urbain (Dupuy et Halpern, 2009). La multiplication des conflits en ville peut certes s’expliquer par l’accroissement du nombre de projets de tours dans un contexte de sensibilité forte au paysage (Donadieu, 2009) mais révèle aussi la création d’espaces d’expression dans lesquels la société civile peut s’engager dans la production des politiques urbaines. Dans les faits cependant, elle est contrainte par un système expert qui, s’il est à l’écoute de l’ensemble des institutionnels qui compose et produit l’urbain, peine à objectiver le débat public et concilier les aspirations de la société civile (populations, mais aussi parfois acteurs économiques)

Dans le contexte de développement durable, notre mission est d’une part, d’objectiver ce débat public partiel (et sans doute partial) sur l’impact paysager des tours à Paris, Londres et Lyon et d’autre part, de construire les principes de gouvernance de cette dimension du paysage urbain à l’attention des chercheurs, praticiens et membres de la société civile.

Composée d’une équipe pluridisciplinaire (SHS, sciences de l’ingénieur et sciences de l’information et de l’image), SKYLINE s’est fixé plusieurs objectifs. Il s’agit en amont d’identifier et de comprendre les enjeux politiques associés à la transformation, préservation et aux représentations de la silhouette urbaine pour formaliser le skyline. Il s’agit ensuite d’enrichir et de structurer le débat public sur l’impact paysager des tours pour finalement proposer des outils créatifs d’expertise à l’attention de nos trois publics visés.

Notre projet, qui se positionne au stade de la formulation du problème politique – au sens d’un vivre ensemble à co-construire – et des principes de gouvernance, est méthodologiquement innovant en associant, chercheurs, praticiens et membres de la société civile. Tous trois sont conjointement invités à « défricher », expliciter et construire le concept de skyline pour dessiner les principes de sa gouvernance dans de le cadre d’un cycle de workshops (Les Ateliers Skyline).

Notre positionnement scientifique repose en effet sur deux principes : le skyline n’appartient pas à une discipline en particulier et les savoirs « communs » et « experts » participent de la construction de la connaissance du skyline puisqu’il appartient tout autant au matériel qu’à l’expérientiel.

SKYLINE est porté par EVS (Lyon2), avec pour partenaires : l’EIVP-Ville de Paris, le LIRIS (Lyon1-2) et l’Agence d’Urbanisme de Lyon.