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Séminaire international Récit de l'histoire nationale - ECP, Collegium de Lyon, IFE-ENS - 16 et 17 mai 2018

LE RÉCIT DE L’HISTOIRE NATIONALE PAR LES ÉLÈVES

RÉCEPTION, APPROPRIATION, SOCIALISATION : QUELLE THÉORIE POUR QUELLE PRATIQUE D’ENSEIGNEMENT ?

Séminaire international de recherche organisé par
Jocelyn Létourneau, Collegium de Lyon
Françoise Lantheaume, Laboratoire Éducation, cultures, politiques (ECP), Université Lyon 2

Maison internationale des langues et des cultures 35, rue Raulin (salle 410), Lyon 69007

16-17 mai 2018

Contact : francoise.lantheaume@univ-lyon2.fr 

 

Nombre de places limitées : inscription obligatoire (jocelyn.letourneau@celat.ulaval.ca)

Depuis quelques années, des recherches menées dans divers pays ont fait ressortir à quel point les jeunes n’étaient pas ignorants de l’histoire de leur nation. Des enquêtes réalisées auprès de jeunes scolarisés du Québec, du Canada, de France, de Suisse, de Pologne, d’Afrique du sud, de Suède, de Belgique, d’Allemagne ou d’Espagne, montrent à quel point ces derniers connaissent les points saillants de l’histoire de leur pays, en possèdent la chronologie impressionniste, en maîtrisent la trame narrative accréditée, les mythistoires principaux, les personnages structurants, les épisodes emblématiques, etc. Cette découverte va à l’encontre de l’idée convenue selon laquelle la jeunesse contemporaine, amnésique en plus d’être apatride, devrait être biberonnée au grand récit national pour éviter de perdre sa conscience identitaire dans les confusions mondialistes ou les glorifications localistes de notre époque.

Ce que l’on sait moins par contre (et qui mériterait d’être approfondi), c’est comment – par quel processus concrets, opérations tangibles, dynamismes réels ces jeunes ont assimilé ce qu’ils sont en mesure de restituer. Du reste, et pour le dire comme Wertsch, cette assimilation va-t-elle jusqu’à l’appropriation ? Mieux : les jeunes croient-ils à ce qu’ils produisent ? Adhèrent-ils aux représentations qu’ils construisent lorsqu’on leur demande de raconter l’histoire de leur pays ? Et comment cette assimilation participe-t-elle de leur socialisation/nationalisation ?

Regroupant des chercheurs ayant réalisé des enquêtes de terrain à partir du canevas méthodo- logique «Raconte l’histoire de ton pays comme tu la connais», de même que des discutants, le séminaire entend permettre aux participants de mieux comprendre les mécanismes par lesquels les jeunes sont socialisés et nationalisés par l’histoire qui leur est enseigné en classe ou dont ils s’imprègnent en «écoutant» le débat public ou en y prenant part. À partir de données centrées sur la réception par les acteurs des informations qui leur sont transmises ou qu’ils glanent eux-mêmes (données que les travaux mentionnés plus haut ont permis d’amasser), est-il possible de parvenir à certaines propositions théoriques concernant la façon dont s’effectue la socialisation/ nationalisation des jeunes par l’histoire ? Telle est la première question que l’on voudrait aborder dans le cadre du séminaire.

Il serait toutefois intéressant de pousser l’interrogation plus loin et d’explorer les résultats de nos recherches dans une autre perspective, celle de l’acte pédagogique. Si l’on juge en effet déficiente la socialisation/nationalisation des jeunes par l’histoire du point de vue de la formation chez ces jeunes d’une conscience critique et réflexive, alors même que le but de l’éducation est d’y parvenir, comment poser les conditions pour inverser la situation, c’est-à-dire comment enseigner l’histoire aux jeunes pour, chez eux, susciter en même temps un sentiment d’appartenance et de reconnaissance (ce qui est le propre de la socialisation et de la nationalisation, dont on ne peut nier l’importance) et une capacité de distance et de nuance (ce qui est le propre de la conscience critique, dont on ne peut disputer la nécessité) ? Concrètement, et cette question n’a de cesse d’habiter des cohortes d’enseignants œuvrant dans les salles de classes : comment, dans une perspective «dépaysante», présenter l’histoire nationale aux jeunes d’aujourd’hui ? Et comment le récit historique entre autres méthodes peut-il être un moyen d’appropriation critique d’une histoire à la fois déjà écrite et toujours ouverte au renouvellement ?

Le séminaire s’inscrit dans la foulée des travaux menés notamment par une équipe française, sous la direction de Françoise Lantheaume, touchant le récit de l’histoire nationale raconté par de jeunes scolarisés de l’Hexagone (mais aussi de Corse et de La Réunion) invités à répondre à la question «Raconte l’histoire de France comme tu le veux»1. Il prend également prétexte d’un séjour de recherche de Jocelyn Létourneau au Collegium de Lyon au printemps 2018; précédemment, celui-ci avait réalisé une recherche similaire dans le cas du Québec2. Ces travaux pionniers ont inspiré de nombreux travaux apparentés3. Afin de faciliter la diffusion des savoirs et les débats entre chercheurs et acteurs sociaux, le séminaire sera ouvert aux enseignants et formateurs. Il accueillera également des inspecteurs généraux et régionaux. La tenue du séminaire pourra servir de base à l’instauration d’un réseau international de chercheurs et de praticiens (professionnels de l’enseignement) intéressés par les questions figurant dans l’intitulé de l’événement.

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1. Lantheaume, Françoise, et Jocelyn Létourneau, dir., Le récit du commun. L’histoire nationale racontée par les élèves, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 2016.

2. Létourneau, Jocelyn, Je me souviens ? Le passé du Québec dans la conscience de sa jeunesse, Montréal, Fides, 2014.

3. Voir en particulier l’édition spéciale du London Journal of Education, 15, 2 (juillet 2017).

 

PROGRAMME

16 MAI 2018

 

10h- 10h10 

Mot de bienvenue 

Hervé Joly, Collegium de Lyon 

 

10h10-10h15 

Introduction générale

Jocelyn Létourneau (Collegium de Lyon) et Françoise Lantheaume (U. Lumière Lyon 2)

 

10h15-12h30

Table ronde I : Portrait d’une situation (bilans de recherches)

Présidence : Jocelyn Létourneau (Collegium de Lyon)

Françoise Lantheaume (Université Lumière Lyon 2)

Stéphane Lévesque (Université d’Ottawa)

Karel van Nieuwenhuyse (Katholieke Universiteit Leuven) 

Charles Heimberg (Université de Genève)

 

14h-16h30

Table ronde II : Quelles dynamiques d’assimilation de l’histoire par les jeunes, associées à quel processus de socialisation/nationalisation ?

Présidence : Françoise Lantheaume (Université Lumière Lyon 2)

Guillaume Mazeau (Université de Paris 1) 

Sébastien Urbanski (Université de Nantes) 

Marc Vaucher (professeur en lycée, Lausanne)

Laurence de Cock (professeure au lycée Guillaume-Tirel, Paris)

 

16h30-17h

Conclusion de la première journée

Présidence : Jocelyn Létourneau (Collegium de Lyon)

Catherine Duquette (Université du Québec à Chicoutimi)

 

17 MAI 2018 

 

9h30-12h

Table ronde III : Entre normalisation et formation critique, quelle conception de l’histoire nationale ?

Présidence : Françoise Lantheaume 

Jocelyn Létourneau (Collegium de Lyon et Université Laval)

Bruno Garnier (Université de Corse Pasquale Paoli)

Peter Geiss (Université de Bonn)

Églantine Wuillot (professeure au lycée l’Oiselet, Bourgoin-Jallieu)

 

12h-12h30

Conclusion de la deuxième journée

Présidence : Jocelyn Létourneau (Collegium de Lyon)

Patrick Garcia (Université de Cergy-Pontoise et CNRS-IHTP)

 

 

COORDONNÉES DES PARTICIPANTS

Laurence de Cock, enseignante, lycée Guillaume-Tirel, Paris : Laur.decock@gmail.com

Catherine Duquette, professeure, Université du Québec à Chicoutimi (Canada) : Catherine_Duquette@uqac.ca

Patrick Garcia, professeur, Université Cergy-Pontoise : Patrick.garcia@ihtp.cnrs.fr

Bruno Garnier, professeur, Université de Corse Pasquale Paoli : garnier@univ-corse.fr

Peter Geiss, professeur, Université de Bonn : geiss@uni-bonn.de

Charles Heimberg, professeur, Université de Genève : heimbergch@gmail.com

Françoise Lantheaume, professeure, Université Lumière Lyon 2 : Francoise.Lantheaume@univ-lyon2.fr

Jocelyn Létourneau, boursier, Collegium de Lyon : Jocelyn.letourneau@celat.ulaval.ca

Stéphane Lévesque, professeur, Université d’Ottawa : Stéphane.Levesque@uottawa.ca

Guillaume Mazeau, Université Paris 1, Panthéon-Sorbonne : Mazeau.guillaume@free.fr

Sébastien Urbanski, professeur, Université de Nantes : Sebastien.Urbanski@univ-nantes.fr

Karel van Nieuwehnuyse, professeur, Katholieke Universiteit Leuven (Belgique) : Karel.vannieuwehhuyse@kuleuven.be

Marc Vaucher, professeur, lycée , Lausanne : vauchermarc@hotmail.com

Églantine Wuillot, lycée l’Oiselet, Bourgoin-Jallieu :Eglantine.wuillot@ac-grenoble.fr