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Recherche 5 : Comparaison de dispositifs de formation de type mastérisation et leur rôle dans la construction de la professionnalisé (enseignant, cadre de santé, ingénieur)

Responsable : François Baluteau

 

Équipe :

François Baluteau (MCF HDR, Lyon 2, EAM Éducation, cultures, politiques), Frédéric Mole (MCF, Université de Saint Étienne, EAM Éducation, cultures, politiques) ; Stéphane Simonian (MCF, Lyon 2, EAM Éducation, cultures, politiques)

 

Deux phénomènes interviennent aujourd’hui dans la formation des « cadres » : la mastérisation avec une élévation du niveau de formation universitaire et la professionnalisation centrée sur les compétences et les savoirs nécessaires à la réalisation des activités professionnelles d’une profession (Wittorski, 2008 ; Leboterf, 2010). Cette recherche porte sur la manière dont ces deux phénomènes se traduisent dans des formations relevant de champs différents de type Master dans les « métiers » de l’enseignement, de la santé et de l’ingénieur. En effet, quelles formes de dispositifs et de contenus (modules, disciplines, mémoires, stage…) donnent-ils lieu dans ces trois champs ? Comment ces deux phénomènes se conjuguent-ils et de quelle manière ? Mais également : à quelle(s) conception(s) de la professionnalité les formations proposées dans ces champs se réfèrent-elles ?

Nous partons de l’hypothèse que ces formations présentent à la fois des ressemblances (ou invariants) liées à cette évolution de la formation, et des variations en raison des spécificités culturelles de ces champs. A priori, la formation ne recouvre pas le même enjeu et ne donne pas lieu aux mêmes réalisations selon qu’on se situe dans le champ des métiers où, pour dire vite, l’humain est une fin en soi (enseignement, santé) ou dans ceux qui portent d’abord sur la transformation des choses (ingénieurs).

Par ailleurs, ce projet entend articuler deux réalités complémentaires dont nous examinerons le lien dans les formations : le curriculum et la professionnalité.

1) Le curriculum concerne la sélection, la classification, la transmission de contenus et les modalités d’évaluation. Cette recherche visera à comprendre comment se positionnent et s’articulent la dimension « universitaire », liée à l’universitarisation de la formation en Master, et la dimension « professionnelle » appelée dans le cadre de la professionnalisation. Quelles formes de classification et de hiérachisation du savoir, de « régionalisation du savoir », au sens de recontextualisation du savoir de catégories singulières, observable en médecine, en architecture… (Bernstein, 2007) ? Comment s’organise la modularisation, la convocation des savoirs académiques, des savoirs en action (stage), de savoirs sur l’action (mémoire, par exemple, soutenance de mémoire, etc.) dans ces formations ? Sommes-nous devant un curriculum en cloison ou en articulation entre des savoirs savants et des savoirs professionnels ? Assistons-nous, comme dans le cas des grandes écoles, à une orientation dominée par une « visée sur le monde » plutôt qu’une connaissance du monde (Lemaître, 2009) ?

2) La deuxième réalité, centrée sur la professionnalité, porte sur les représentations des compétences et des savoirs requis dans ces professions. Il s’agit d’analyser comment les organismes et les acteurs se représentent les professionnalités dans ces champs (Wittorski, 2005, 2008) en considérant que la professionnalisation dépend également de l’organisation et des pratiques pédagogiques. Par exemple, l’organisation d’un accompagnement personnalisé entre différents acteurs lors d’un stage (tuteurs professionnels, tuteurs universitaires, etc.) devrait permettre à l’apprenant d’acquérir de nouveaux savoirs et savoir-faire, mais également d’intégrer un groupe humain, une culture professionnelle, etc.  Quelles sont alors les conceptions de l’activité professionnelle et des ressources professionnelles requises pour l’activité du point de vue des acteurs de la formation (responsables de formation, universitaires et professionnels) qui décident, à leur niveau, des choix curriculaires ?

Deux niveaux d’analyse apparaissent dans la perspective de cette recherche :
- le niveau formel où les modalités de formation sont décrites dans les établissements retenus (IUFM, IFCS et INSA), soit l’organisation du savoir dans les formations telle qu’elle apparaît dans les documents officiels ou publiques.

- les modalités pédagogiques adoptées par les « formateurs », universitaires et professionnels en lien avec leur représentation de la professionnalité des futurs professionnels, selon leur domaine d’intervention.

Ces deux niveaux ordonneront les étapes d’une investigation qui procèdera en premier lieu à un examen des documents internes (plaquettes, livrets de l’étudiant…) correspondant au curriculum formel, en second lieu à l’administration d’entretiens semi-directifs avec des responsables de formation, des universitaires, formateurs et intervenants professionnels.

Une troisième phase est également envisagée pour saisir la professionnalité chez les formés, selon un calendrier et des modalités à fixer ultérieurement.

 

Bibliographie

 

ASTIER, P. (2008). La professionnalisation comme intention, comme processus et comme légitimation, Savoirs, 2, 17, 63-69.

BERNSTEIN, B. (2007). Pédagogie, contrôle symbolique et identité. Canada : Les Presses de l’Université de Laval.

LEBOTERF, G. (2010). Professionnaliser. Construire des parcours personnalisés de professionnalisation. Paris : Éditions d’organisation.

LEMAITRE, D. (2009.). « Le curriculum des grandes écoles en France : un modèle d’analyse inspiré de Basil Bernstein, Revue française de pédagogie, n°166, pp. 17-26.

SCHWARTZ, Y. & FAÏTA, D. (1985). L’homme producteur. Autour des mutations du travail et des Savoirs. Paris : Messidor/Éditions Sociales.

SCHÖN, D. (1996). À la recherche d’une nouvelle épistémologie de la pratique et de ce qu’elle implique pour l’éducation des adultes. In Barbier, J.-M. (dir.) Savoirs théoriques et savoirs d’action (pp. 201-222). Paris, PUF.

WITTORSKI, R. (2005). Travail, formation et professionnalité, Paris : L’Harmattan.

WITTORSKI, R. (2008). Professionnalisation. Note de synthèse, Savoirs, 17, 11-38.